Le Livre, tome II, p. 022-038

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 022.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 022 [038]. Source : Internet Archive.

Tout d’abord, comment lit-on à treize, quatorze ou quinze ans, voire à dix-huit, vingt ou vingt-cinq ? Comment, à ces âges, apprécie-t-on un livre, et quel fruit peut-on, d’ordinaire, retirer de ses lectures ?

« Quand on est jeune, a très justement écrit le bibliographe Alfred de Martonne (1820-….)[022.1], on n’a nul souci de la forme du livre ; qu’il soit beau ou laid, bien ou mal relié, peu importe. On se moque des éditions rares, des textes curieux, des livres de prix. On ne s’occupe que de l’idée et surtout du sentiment. On n’a cure que de ce qui plaît au cœur, et touche et émeut. Foin de l’esprit et des belles dorures ! Il n’y a pas de bibliophile de vingt ans. Quand on est jeune, on ne sait pas relire un livre. A peine sait-on le lire. On le dévore, et, pour bien juger un livre, il faut le relire et à différentes époques de sa vie. Il y a, comme cela, des livres qui sont un thermomètre de l’esprit ou plutôt du cœur. »

« Il n’y a pas de bibliophile de vingt ans » : voilà, en effet, une vérité quasi absolue, une sorte d’axiome. A vingt ans, le sentiment prime le raisonnement, prime tout. On a hâte de tout voir, de tout connaître, de tout lire, de tout feuilleter plutôt ; ceux-là sont rares qui, à cet âge heureux, relisent sans y être contraints, soit par un besoin du cœur,

[II.038.022]
  1.  Ap. Fertiault, les Amoureux du livre, p. 252.  ↩

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