Le Livre, tome II, p. 025-041

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 025.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 025 [041]. Source : Internet Archive.

me jetant des pierres ou des mottes de terre mouillée, soit en me lançant de l’eau avec un tube à travers les branches. Mais autant leur envie et leur méchanceté opposaient d’obstacles à mes efforts, autant ces mêmes efforts se développaient, se soutenaient par le désir infini d’apprendre, que la nature m’avait inspiré. Tel est même l’empire que cette passion a exercé sur moi dès ma naissance, que, si prêt d’ailleurs à céder à d’autres la gloire dans les Lettres, je ne le cède à personne en amour constant, incroyable pour elles ; j’ai le droit, je pense, et je le déclare franchement, de revendiquer ce genre de mérite : il est un des principaux bienfaits que Dieu m’a si libéralement répartis ; c’est grâce à mon assiduité à l’étude, à mes nobles soucis, que je n’ai point eu de peine à me préserver des excès de l’adolescence et des vices de la jeunesse, quoique j’y aie été depuis trop souvent entraîné par les courants d’une nature impétueuse et par la fougue d’un caractère rebelle et singulièrement éveillé.

« De ce goût imperturbable pour les Lettres et de l’étude continuelle des choses qui en sont l’objet, je conclus que, parmi une foule d’autres avantages que j’y ai acquis, je dois faire état principalement de celui-ci, à savoir : que je n’ai jamais senti ce dégoût de la vie ni cet ennui des hommes et des choses, dont, en général, on a coutume de se

Ajouter un commentaire

Le code HTML est affiché comme du texte et les adresses web sont automatiquement transformées.

Fil des commentaires de ce billet