Le Livre, tome II, p. 030-046

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 030.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 030 [046]. Source : Internet Archive.

Ne quittons pas l’évêque Huet sans rappeler l’influence qu’eurent, sur son caractère et sa santé, sa vie studieuse et sédentaire, son absorbante et exclusive passion pour les livres et la lecture[030.1].

« … Puisque j’ai commencé de donner l’histoire de mes études, j’ajouterai ceci, que je suis plein de reconnaissance pour la grâce singulière que j’ai reçue de Dieu, ayant été formé par lui de telle sorte, que, non seulement pendant que j’étais jeune et vigoureux, mais encore depuis que je suis affaibli par l’âge, je n’ai jamais senti la moindre fatigue de mes lectures continuelles, de mon existence sédentaire, et du prolongement de mes veilles. Jamais je ne succombai à l’ennui ; jamais la pâleur de l’oisiveté ne flétrit mon visage ; je quittais mes livres toujours frais et dispos, même après six ou sept heures de contention d’esprit. Souvent même alors j’étais gai et chantais à moi et aux Muses, contrairement à la plupart qui quittent le travail tristes et épuisés. Il me paraît donc que la race des médecins ne fait pas preuve d’un grand jugement, lorsqu’elle pose en principe général que les forces du corps s’affaiblissent dans l’inaction, se nourrissent et se fortifient par le mouvement. Combien ai-je connu d’hommes de lettres qui arrivèrent avec une santé ferme jusqu’à la dernière vieillesse ! Je voyais sou-

[II.046.030]
  1.  Cf. supra, t. I, pp. 150-151, ce que dit à ce sujet l’abbé d’Olivet.  ↩

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