Le Livre, tome II, p. 032-048

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 032.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 032 [048]. Source : Internet Archive.

conscience de moi-même. Ma mère avait laissé des romans ; nous nous mîmes à les lire après souper, mon père et moi. Il n’était question d’abord que de m’exercer à la lecture par des livres amusants ; mais bientôt l’intérêt devint si vif, que nous lisions tour à tour sans relâche, et passions les nuits à cette occupation. Nous ne pouvions jamais quitter qu’à la fin du volume. Quelquefois mon père, entendant le matin les hirondelles, disait, tout honteux : « Allons nous coucher; je suis plus enfant que toi »…. Plutarque surtout devint ma lecture favorite. Le plaisir que je prenais à le relire sans cesse me guérit un peu des romans ; » etc.

Dès son bas âge, Mme Roland (1754-1793) témoigna le goût le plus vif pour la lecture. Ainsi que son maître Rousseau, elle ne sait non plus comment elle apprit à lire :

« Vive sans être bruyante, et naturellement recueillie, je ne demandais qu’à m’occuper, écrit-elle dans ses Mémoires[032.1], et saisissais avec promptitude les idées qui m’étaient présentées. Cette disposition fut mise tellement à profit que je ne me suis jamais souvenue d’avoir appris à lire ; j’ai ouï dire que c’était chose faite à quatre ans, et que la peine de m’enseigner s’était, pour ainsi dire, terminée à cette époque, parce que, dès lors, il n’avait plus été besoin

[II.048.032]
  1.  Tome III, pp. 11-12, et 23-29. (Paris, Bibliothèque nationale, 1869.)  ↩

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