Le Livre, tome II, p. 034-050

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 034.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 034 [050]. Source : Internet Archive.

fois ; les Mémoires du brave de Pontis, qui m’amusaient, et ceux de Mlle de Montpensier, dont j’aimais assez la fierté, et quelques autres vieilleries, dont je vois encore la forme, le contenu et les taches. La rage d’apprendre me possédait tellement, qu’ayant déterré un Traité de l’Art héraldique, je me mis à l’étudier ; il y avait des planches coloriées qui me divertissaient, et j’aimais à savoir comme on appelait toutes ces petites figures : bientôt j’étonnai mon père de ma science en lui faisant des observations sur un cachet composé contre les règles de l’art ; je devins son oracle en cette matière, et je ne le trompais point. Un petit Traité des Contrats me tomba sous la main ; je tentai aussi de l’apprendre, car je ne lisais rien que je n’eusse l’ambition de le retenir ; mais il m’ennuya, je ne conduisis pas le volume au quatrième chapitre.

« La Bible m’attachait, et je revenais souvent à elle. Dans nos vieilles traductions, elle s’exprime aussi crûment que les médecins ; j’ai été frappée de certaines tournures naïves qui ne me sont jamais sorties de l’esprit. Cela me mettait sur la voie d’instructions que l’on ne donne guère aux petites filles ; mais elles se présentaient sous un jour qui n’avait rien de séduisant, et j’avais trop à penser pour m’arrêter à une chose toute matérielle qui ne me semblait pas aimable. Seulement je me prenais à rire quand ma grand’maman me parlait de petits

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