Le Livre, tome II, p. 035-051

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 035.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 035 [051]. Source : Internet Archive.

enfants trouvés sous des feuilles de choux, et je disais que mon Ave Maria m’apprenait qu’ils sortaient d’ailleurs, sans m’inquiéter comment ils y étaient venus.

« J’avais découvert, en furetant par la maison, une source de lectures que je ménageai assez longtemps. Mon père tenait ce qu’on appelait son atelier tout près du lieu que j’habitais durant le jour ; c’était une pièce agréable, qu’on nommerait un salon et que ma modeste mère appelait la salle, proprement meublée, ornée de glaces et de quelques tableaux, dans laquelle je recevais mes leçons. Son enfoncement, d’un côté de la cheminée, avait permis de pratiquer un retranchement qu’on avait éclairé par une petite fenêtre ; là, était un lit si resserré dans l’espace que j’y montais toujours par le pied, une chaise, une petite table et quelques tablettes ; c’était mon asile. Au côté opposé, une grande chambre, dans laquelle mon père avait fait placer son établi, beaucoup d’objets de sculpture et ceux de son art, formait son atelier. Je m’y glissais le soir ou bien aux heures de la journée où il n’y avait personne ; j’y avais remarqué une cachette où l’un des jeunes gens mettait des livres. J’en prenais un à mesure ; j’allais le dévorer dans mon petit cabinet, ayant grand soin de le remettre aux heures convenables, sans en rien dire à personne. C’était, en général, de bons ouvrages. Je m’aperçus un jour

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