Le Livre, tome II, p. 038-054

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 038.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 038 [054]. Source : Internet Archive.

j’étais elles et je ne voyais que les objets qui existaient pour elles ; c’était un rêve sans réveil….

« Ces ouvrages dont je viens de parler firent place à d’autres, et les impressions s’adoucirent ; quelques écrits de Voltaire me servirent de distraction. Un jour que je lisais Candide, ma mère s’étant levée d’une table où elle jouait au piquet, la dame qui faisait sa partie m’appela du coin de la chambre où j’étais et me pria de lui montrer le livre que je tenais. Elle s’adresse à ma mère qui rentrait dans l’appartement, et lui témoigne son étonnement de la lecture que je faisais ; ma mère, sans lui répondre, me dit purement et simplement de reporter le livre où je l’avais pris. Je regardai de bien mauvais œil cette petite dame, à figure revêche, grosse à pleine ceinture, grimaçant avec importance, et depuis oncques je n’ai jamais souri à Mme Charbonné. Mais ma bonne mère ne changea rien à son allure fort singulière, et me laissa lire ce que je trouvais, sans avoir l’air d’y regarder, quoiqu’en sachant fort bien ce que c’était. Au reste, jamais livre contre les mœurs ne s’est trouvé sous ma main ; aujourd’hui même je ne sais que les noms de deux ou trois, et le goût que j’ai acquis ne m’a point exposée à la moindre tentation de me les procurer.

« Mon père se plaisait à me faire de temps en temps le cadeau de quelques livres, puisque je les préférais à tout ; mais, comme il se piquait de seconder

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