Le Livre, tome II, p. 071-087

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 071.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 071 [087]. Source : Internet Archive.

séparées, sur des fiches. Cette dernière méthode est de beaucoup la meilleure ; elle permet de classer ces documents par catégories et laisse toute liberté de rangement. On était jadis d’un avis contraire, et il n’y a pas très longtemps, il n’y a guère qu’un demi-siècle, que l’emploi des fiches est unanimement préféré à celui des registres. Dans son Katechismus, publié en I856, le bibliographe allemand Petzholdt (1812-1891) proscrit les catalogues sur fiches[071.1], aujourd’hui universellement employés, à l’exclusion des autres. Parmi les adversaires des fiches, on compte aussi le chancelier Daguesseau, qui, dans les conseils adressés à son fils sur la « manière de faire des extraits » de ses lectures[071.2], objecte qu’avec des fiches, « il faut avoir toujours devant soi une multitude de feuilles ou de cartes détachées ; et le cabinet d’un homme de lettres devient bientôt ou l’antre de la sibylle, dont les feuilles turbata volant rapidis ludibria ventis, ou la boutique confuse et dérangée d’un Cartier ». Selon lui, la méthode « la plus courte et la plus simple est d’écrire tout de suite (sur un cahier ou recueil) les choses qui nous paraîtront mériter d’être extraites, et de marquer à côté de chaque extrait, sur une grande marge, la matière à laquelle il doit être rapporté ».

[II.087.071]
  1.  Cf. Graesel, Manuel de Bibliothéconomie, p. 254, trad. Jules Laude. (Paris, Welter. 1897.)  ↩
  2.  Op. cit., p. 289.  ↩

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