Le Livre, tome II, p. 074-090

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 074.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 074 [090]. Source : Internet Archive.

à de simples indications ; d’autres fois je transcris mot à mot des morceaux essentiels ; souvent je les accompagne de quelques notes, et souvent aussi j’y place ces pensées du moment, ces illuminations soudaines qui s’éteignent sans fruit si l’éclair n’est fixé par l’écriture. Porté par le tourbillon révolutionnaire en diverses contrées de l’Europe, jamais ces recueils ne m’ont abandonné ; et maintenant vous ne sauriez croire avec quel plaisir je parcours cette immense collection. Chaque passage réveille dans moi une foule d’idées intéressantes et de souvenirs mélancoliques mille fois plus doux que tout ce qu’on est convenu d’appeler plaisirs. Je vois des pages datées de Genève, de Rome, de Venise, de Lausanne. Je ne puis rencontrer les noms de ces villes sans me rappeler ceux des excellents amis que j’y ai laissés. » Etc.

« La lecture ne fut jamais pour Mme Swetchine (1782-1857) un simple délassement, écrit le comte de Falloux (1811-1886)[074.1] : un livre ne sortait de ses mains qu’annoté, commenté, copié quelquefois presque dans son entier. La première date de ces énormes extraits remonte à 1801, c’est-à-dire à sa dix-neuvième année, seconde année de son mariage. Ces recueils ne sont point des albums de luxe, ce sont des cahiers de papier commun, couverts d’une

[II.090.074]
  1.  Mme Swetchine, sa vie et ses œuvres, t. I, pp. 36-37. (Paris, Perrin, 1900.)  ↩

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