Le Livre, tome II, p. 080-096

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 080.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 080 [096]. Source : Internet Archive.

lation ; il en est qui tiennent à s’en servir, qui tiennent à les lire, les ont achetés pour cela, et sans aucune arrière-pensée de revente et de trafic. Pour ceux-là, — et c’est à ces lecteurs que notre ouvrage s’adresse de préférence, — les livres sont mieux que des articles de parade et de luxe ; ce sont des instruments de travail, que nous avons certes le devoir de soigner et de ménager, mais que nous avons aussi le droit de rectifier et de compléter ; ou plutôt ce sont des collaborateurs, des compagnons, des amis, que nous nous plaisons à consulter[080.1], mais dont nous ne sommes pas tenus d’adopter sans réplique tous les avis, avec lesquels nous avons licence de douter et d’objecter, que nous contrôlons, reprenons et amendons au besoin.

Le lecteur, qui veut mettre à profit, savourer et conserver le fruit de ses lectures, doit forcément marquer de quelque signe les passages qui le frappent le plus, inscrire dans la marge, de côté, en tête ou en pied, au crayon, — le crayon suffit, la plume prendrait trop de temps, et le papier peut boire, d’ailleurs, — telle remarque, telle critique, qui vous vient à l’esprit, ou telle comparaison que cet endroit

[II.096.080]
    •  Eh ! depuis quand un livre est-il donc autre chose
      Que le rêve d’un jour qu’on raconte un instant… ;
      Un ami qu’on aborde, avec lequel on cause.
      Moitié lui répondant, et moitié l’écoutant ?

     (A. de Musset, Namouna, II, 7 : Premières Poésies, p. 335 ; Paris, Charpentier, 1861 ; in-18.)  ↩

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