Le Livre, tome II, p. 096-112

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 096.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 096 [112]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 097.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 097 [113]. Source : Internet Archive.

« Que votre lecture soit modérée, dit, de son côté, saint Jérôme (331-420)[096.1] : ce n’est pas la lassitude, mais la prudence, qui doit vous la faire interrompre. Une lecture trop prolongée est répréhensible ; car ce qui est bon de soi-même cesse de l’être et devient sujet au blâme, si on le porte au delà des bornes. »

Pétrarque constate[096.2] qu’ « il est des gens qui croient connaître tout ce qui est écrit dans les livres qu’ils ont chez eux, et quand la conversation tombe sur un sujet : « Ce livre, disent-ils, est dans ma bibliothèque ». Pensant que cela suffit, comme si le livre était en même temps dans leur tête, ils haussent les sourcils et se taisent…. Si l’abondance des livres faisait des savants ou des gens de bien, les plus riches seraient les plus savants de tous et les meilleurs, tandis que nous voyons souvent le contraire[096.3]…. De même, dit encore Pétrarque, que la multitude des combattants a empêché plusieurs généraux de vaincre, la multitude des livres a empêché beaucoup de gens d’apprendre, et l’abondance, comme cela arrive, a produit la disette…. La multi-

[II.112.096]
  1.  Ap. Fertiault, op. cit., p. 234.  ↩
  2.  De l’abondance des livres, trad. Develay, pp. 21 et suiv. Cf. supra, t. I, p. 100.  ↩
  3.  Cf. Lucien, Contre un ignorant bibliomane, § 4 (trad. Talbot ; t. II, p. 273) : « Si la possession des livres suffisait pour rendre savant celui qui les a, elle serait d’un prix inestimable ; et si le savoir se vendait au marché, il serait à vous seuls qui êtes riches, et vous nous écraseriez, nous les pauvres. Et puis, qui pourrait le disputer en érudition aux marchands, aux bouquinistes, qui en possèdent et en vendent en si grand nombre ? Cependant… », etc. Cf. aussi Ausone, Épigrammes, XLIV, A Philomusus le grammairien (p. 21, Collection Nisard, Paris, Didot, 1887) :
    •  Emptis quod libris tibi bibliotheca referta est,
      Doctum, etc.

     « Parce que ta bibliothèque est bien garnie de livres achetés, tu te crois un savant et un grammairien, Philomusus ! A ce compte, fais-moi provision de cordes, d’archets, d’instruments, et, tout cela payé, demain te voilà musicien. »  ↩

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