Le Livre, tome II, p. 100-116

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 100.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 100 [116]. Source : Internet Archive.

connaissances, souvent assez inutiles, vous prendriez même l’habitude de vous laisser tenter de tout ce que vous trouveriez. Je me souviens toujours d’un passage des Offices de Cicéron, que M. Nicole me citait souvent pour me détourner de la fantaisie d’acheter des livres : Non esse emacem, vectigal est ; « C’est un grand revenu que de n’aimer point à acheter ». Mais le mot d’emacem est très beau, et a un grand sens. »

Voltaire est revenu souvent sur cette question de la multiplicité des livres, et sur les réflexions que suggèrent cette abondance et cette immensité.

« Une grande bibliothèque a cela de bon, dit-il[100.1], qu’elle effraye celui qui la regarde. Deux cent mille volumes découragent un homme tenté d’imprimer ; mais malheureusement il se dit bientôt à lui-même : On ne lit point tous ces livres-là, et on pourra me lire. Il se compare à la goutte d’eau qui se plaignait d’être confondue et ignorée dans l’Océan : un génie eut pitié d’elle ; il la fit avaler par une huître ; elle devint la plus belle perle de l’Orient, et fut le principal ornement du trône du grand mogol….

« Notre homme travaille donc au fond de son galetas avec l’espérance de devenir perle.

« Il est vrai que, dans cette immense collection de livres, il y en a environ cent quatre-vingt-dix-neuf

[II.116.100]
  1.  Dictionnaire philosophique, art. Bibliothèque, tome I, pages 189-190. (Paris, édit. du journal le Siècle, 1867.)  ↩

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