Le Livre, tome II, p. 137-153

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 137.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 137 [153]. Source : Internet Archive.

le bon et le bien dit, partout, même au milieu de l’alliage médiocre qui l’entoure, comme on découvre un diamant dans la terre ou des paillettes d’or dans des sables et des minerais sans valeur. On a le plaisir de la chasse et de la trouvaille. Après les rares chefs-d’œuvre, si vite épuisés, bien des livres aimables, quoique secondaires, méritent encore notre attention. Quelques lignes d’un inconnu suffisent à témoigner dans quelle estime nous devons l’avoir…. Le goût affiné et fortifié à la fois dans le commerce habituel des écrivains supérieurs, discerne ensuite et sait choisir avec tact, avec promptitude, avec délicatesse, ce qui mérite l’attention dans les écrivains secondaires. « Il sied, disait Sainte-Beuve, à tout estomac viril et à tout esprit émancipé de lire tout et de s’adresser à des auteurs de tout bord et de toute opinion. » Expliquant à son tour comment il faut lire, Joubert a dit : « Quand je ramasse des coquillages et que j’y trouve des perles, j’extrais les perles et je jette les coquillages[137.1]. »

« Il faut à l’homme de lettres une lecture immense ; mais, pour être profitable, elle doit être raisonnée. Comme la culture de la terre varie suivant la nature du sol, la lecture, suivant les auteurs, doit aussi différer : tantôt profonde et insistante, tantôt légère et variée. Ainsi relire, creuser, fouiller, médi-

[II.153.137]
  1.  Albert Collignon, la Religion des Lettres, pp. 92-93.  ↩

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