Le Livre, tome II, p. 139-155

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 139.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 139 [155]. Source : Internet Archive.

nos lectures et des circonstances qui les ont accompagnées…. Que de souvenirs vous trouverez ainsi le long de ce chemin recommencé par la pensée ! Que de douces émotions vous feront éprouver ces vieilles pages que vous avez lues si souvent ! Vous y retrouverez à chaque ligne le parfum de tant de souvenirs, et peut-être aussi quelques tristes impressions, que le temps aura à peine calmées. Pour moi, c’est là un des plaisirs purs que je me promets dans ma vieillesse, si le Ciel doit prolonger ma vie : rouvrir quelque vieux livre poudreux, y surprendre les traces de mes impressions ; recommencer avec lui tout un itinéraire ; suivre, en les reprenant, les vestiges de notre vie commune à travers les années ; lui demander de nouvelles idées, ou du moins éclairer davantage ce que déjà maintes fois il m’aura dit, l’éclairer par la lumière plus vive de l’expérience et de la maturité de l’âge…. Non, après la compagnie de Dieu, des bonnes pensées qu’il inspire, et des vrais amis, je ne prévois rien de meilleur pour ces jours peut-être si longs que nous réserve l’hiver de la vie ; je ne vois rien de mieux que cette lumière qui se projette sur le passé, et revient se mélanger aux pensées dernières d’une existence qui s’en va. »

Sur le plaisir des relectures, Doudan non plus ne tarit pas :

« J’aime à relire les mêmes livres[139.1]. »

[II.155.139]
  1.  Doudan, Lettres, t. II, p. 27.  ↩

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