Le Livre, tome II, p. 153-169

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 153.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 153 [169]. Source : Internet Archive.

de modestes rayons ; ils seront aimés, choyés, dorlotés, malgré leur indigence, comme s’ils étaient vêtus d’or et de soie. »

Et Édouard Laboulaye[153.1] :

« … Ces livres splendides et curieux ne sont pas faits pour ceux qui lisent ; ils appartiennent, par le droit de l’argent, à ceux qui, de Boileau, n’ont retenu qu’un seul vers, qu’ils ont pratiqué toute leur vie :

Cinq et quatre font neuf ; ôtez deux, reste sept.

« Adieu donc, chefs-d’œuvre de Pasdeloup, de Derome, de Niedrée, de Duru, de Cape, de Bauzonnet, beaux livres que j’ai admirés, mais que je n’osais toucher, tant vous étiez brillants d’or et de soie ! A prendre les livrées de la fortune, vous voilà devenus volages et perfides comme elle. Que vous valez bien mieux sous une modeste couverture de basane ou de parchemin ! Vous n’êtes pas alors ces bijoux que convoite le riche, ces raretés que les amateurs couvrent d’or. Personne ne vous envie ; vous n’avez pas de prix sur le marché ; vous n’êtes que la voix de l’humanité, cette voix qui, au travers des siècles, amuse notre enfance, console et dirige notre âge mur, et, après nous avoir appris à bien vivre, nous aide à bien mourir…. Restez donc avec moi, pauvres livres de ma jeunesse, hirondelles blessées que j’ai

[II.169.153]
  1.  Études morales et politiques. Sur un catalogue, pp. 385-386. (Paris, Charpentier, 1871 ; 5e édit.)  ↩

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