Le Livre, tome II, p. 155-171

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 155.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 155 [171]. Source : Internet Archive.

« Salut, vieux livres, quels que vous soyez, vous qui tapissez les parapets de la Seine, depuis la Grève jusqu’aux Tuileries, vous qui rivalisez avec les parfums du Marché aux Fleurs, vous qui changez de couleurs et de formes sous l’influence humide des brouillards de la rivière et sous les ardeurs du soleil de midi, vous qui passez sans cesse de mains en mains avant de trouver un père adoptif, vous qui reviendrez tôt ou tard à votre station en plein air, jusqu’à ce que vos ruines tombent pièce à pièce dans la hotte du chiffonnier ; salut, vieux livres, mes amis, mes consolateurs, mes plaisirs et mes espérances !

« Vieux livres, vous êtes la dernière passion de l’être intelligent ; le cœur qui a cessé de battre à tous les amours retrouve encore pour vous un battement, et le feu sacré de la bibliomanie ne meurt qu’avec le bibliomane ; l’âge n’a pas de glaces capables de refroidir cette passion, qui a ses excès comme les autres, et qui n’encourt pourtant aucune censure civile ou ecclésiastique. »

Les poètes ont, de leur côté, maintes fois célébré le contraste existant entre le dehors et le dedans du Livre, entre le volume luxueux mais insignifiant et vide, et le bouquin pauvre et minable mais riche

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