Le Livre, tome II, p. 157-173

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 157.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 157 [173]. Source : Internet Archive.

M. François Fertiault (1814-….), qui a consacré au Livre deux importants et artistiques recueils de sonnets, « sonnets d’un bibliophile », — les Amoureux du livre et les Légendes du livre, — oppose aussi, très justement et finement, dans les deux pièces suivantes, dédiées « A certains bibliomanes », l’extérieur du livre à l’intérieur, la beauté physique à la beauté morale, le corps à l’âme :

Le livre

I
Au dehors

De loin vous en flairez l’arôme avant-coureur ;
Vous contemplez, ravi, sa date reculée ;
Vous caressez du doigt sa marge immaculée,
Et de sa rareté vous prônez la valeur.

Vous en aimez la tranche à la vive couleur,
La nervure du dos ou svelte ou potelée,
La robe au blanc satin d’un filet dentelée,
Le noir chagrin brodé par le fer du doreur.

Oui, vous vous pâmez d’aise, admirateurs austères,
Aux délinéaments de ses purs caractères ;
De tout choc destructeur vous savez l’abriter ;

Le couteau curieux n’y glisse point sa lame….
Quels grands bonheurs le Livre à vos yeux fait goûter !
Vous en aimez le corps, — et, moi, j’en aime l’âme :

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