Le Livre, tome II, p. 166-182

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 166.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 166 [182]. Source : Internet Archive.

teurs, qui parfois me débauchent et me détournent de mon chemin, je me hâte de les fermer, de les écarter. Un long et profond entretien avec les sages, avec les forts, avec les maîtres, pourra seul me rendre la sérénité, me remettre sur la trace et dans la direction du vrai…. Je fais mon possible pour me tenir à égale distance du dilettantisme, qui est la forme la plus raffinée de l’orgueil intellectuel, et de l’étude proprement dite, qui exige, non plus la simple lecture, mais la recherche. Prendre du plaisir, soit. Je ne demande pas mieux, et quand je rencontre sur ma route les gaietés d’un Regnard ou d’un Rabelais, les songes grandioses d’un Cervantès ou d’un Shakespeare, je m’y laisse aller très volontiers. Pourtant, si ce plaisir m’est utile, s’il peut à un instant donné se changer en un bienfait pour d’autres, j’en jouis doublement. La marquise de Créqui, cette spirituelle et verte vieille que Rousseau estimait fort, et qui, malgré sa dévotion, était du xviiie siècle jusqu’au bout des doigts, recommandait à son ami Sénac de Meilhan de lire moralistement. Elle avait raison, et je lui passe le barbarisme en faveur de ce que l’idée à d’excellent. A le prendre en ce sens, regardez-moi comme un liseur moraliste. »

Ici encore peut prendre place la lettre de Joubert sur les « livres anciens » et les « livres faits par des vieillards », ainsi reproduite et encadrée par Sainte-

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