Le Livre, tome II, p. 174-190

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 174.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 174 [190]. Source : Internet Archive.

et de cordial. Le cœur est déchiré et écrasé par la perte d’une personne qu’on aimait, tandis que c’est plutôt la tête qui souffre d’une perte d’argent. Ici nous trouvons que les poètes sont un remède très précieux. Remarquez, en effet, que les poètes du génie le plus grand et le plus vaste ont en eux deux hommes séparés, tout à fait distincts l’un de l’autre : l’homme d’imagination et l’homme pratique. Et cet heureux mélange de ces deux hommes convient aux maladies de l’âme, qui est moitié imagination et moitié pratique. »

Et le romancier anglais nous indique, parmi ces poètes de grand génie et pour cette guérison, d’abord Homère, qui est « le vrai poète de circonstance », puis Virgile, Horace ensuite, « un charmant homme du monde, dit-il, qui pleurera avec vous la perte de votre fortune, qui ne dépréciera jamais les douces jouissances de la vie, mais qui vous montrera cependant que l’homme peut être heureux avec un vile modicum ou des parva rura » ; Shakespeare, « qui, plus que tous les autres poètes, a cette dualité mystérieuse du sens commun et de l’imagination la plus sublime » ; et une foule d’autres poètes, « qui ne vous diront pas, comme un déraisonnable stoïcien, que vous n’avez rien perdu, » mais vous entraîneront, par la pensée, hors de ce monde, de ses épreuves et de ses adversités, et vous promèneront dans des régions enchantées.

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