Le Livre, tome II, p. 186-202

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 186.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 186 [202]. Source : Internet Archive.

IX. Les romans

Quelle influence la lecture des romans exerce-t-elle sur l’esprit et particulièrement sur la moralité du public ? Cette influence peut-elle être dangereuse ?

L’austère janséniste Nicole (1625-1695) n’hésitait pas à considérer romanciers et poètes comme des « empoisonneurs publics[186.1] », et un célèbre médecin protestant affirme que, « de toutes les causes qui ont nui à la santé des femmes, la principale a été la multiplication des romans depuis cent ans[186.2] ».

Sans aller aussi loin, Renan, lui, prétend que, dans notre siècle, « la lecture presque exclusive des

[II.202.186]
  1.  « Un faiseur de romans et un poète de théâtre est un empoisonneur public, non des corps, mais des âmes…. » (Nicole, ap. Sainte-Beuve, Port-Royal, t. VI, p. 108.)  ↩
  2.  Jean Darche, Essai sur la lecture, p. 111. Et le pieux Jean Darche ajoute en cet endroit : « Consultez les hommes qui pensent bien, tous attribueront au roman la perversité qui règne dans le monde ». — « C’est l’imprimerie qui met le monde à mal. C’est la lettre moulée qui fait qu’on assassine depuis la création ; et Caïn lisait les journaux dans le paradis terrestre, » a écrit Paul-Louis Courier. (Lettres au rédacteur du Censeur, X ; Œuvres, p. 61 ; Paris, Didot, 1865.)  ↩

Ajouter un commentaire

Le code HTML est affiché comme du texte et les adresses web sont automatiquement transformées.

Fil des commentaires de ce billet