Le Livre, tome II, p. 196-212

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 196.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 196 [212]. Source : Internet Archive.

« La lecture des journaux, écrit, de son côté, un journaliste qui était en même temps un très brillant styliste, Théophile Gautier[196.1] (1811-1873), la lecture des journaux empêche qu’il n’y ait de vrais savants et de vrais artistes ; c’est comme un excès quotidien qui vous fait arriver énervé et sans force sur la couche des Muses, ces filles dures et difficiles, qui veulent des amants vigoureux et tout neufs. Le journal tue le livre, comme le livre a tué l’archi­tecture[196.2],

[II.212.196]
  1.  Mademoiselle de Maupin, préface, p. 34. (Paris, Charpentier, 1886.)  ↩
  2.  « … L’archidiacre considéra quelque temps en silence le gigantesque édifice (Notre-Dame de Paris), puis, étendant avec un soupir sa main droite vers le livre imprimé qui était ouvert sur sa table, et sa main gauche vers Notre-Dame, et promenant un triste regard du livre à l’église : « Hélas ! Dit-il, ceci tuera cela » …. « Ceci tuera cela. Le livre tuera l’édifice…. La presse tuera l’église…. L’imprimerie tuera l’architecture…. » (Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, livre V, chap. i et ii, t. I, pp. 205, 207 et 208 ; Paris, Hachette, 1858.) Il est à remarquer que si le livre a pu porter atteinte à l’Église (avec un grand É), aux dogmes catholiques et autres, il n’a nullement tué l’édifice gothique, que l’imprimerie n’a pas du tout nui à notre vieille et nationale architecture, au contraire. « C’est par lui (le livre), par les recherches et les écrits des Boisserée, des Vitet, des Victor Hugo, des Michelet, des Montalembert, des Viollet-le-Duc, qu’elle a retrouvé la faveur, qu’elle a reconquis l’admiration. » (Jules Levallois, la Vieille France, chap. viii, p. 161 ; Tours, Mame, 1882.)  ↩

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