Le Livre, tome II, p. 221-237

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 221.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 221 [237]. Source : Internet Archive.

faire, qu’il possède peu de chose tant qu’il peut envier les trésors d’un autre. Un de mes amis, grand dénicheur de livres rares, m’a avoué qu’il avait été pris d’un invincible désir de mettre le feu à sa propre bibliothèque, après avoir visité celle de M. le duc d’Aumale…. L’envie, la jalousie, l’appétence du bien d’autrui, tels sont les moindres défauts du bibliomane. »

Du bibliomane peut-être ; mais le véritable ami des livres ignore ces rancunes, ces haines, ces farouches convoitises, cette rage, tous ces vilains et honteux sentiments. Il est, d’ordinaire, — surtout s’il ne sépare pas l’amour des livres de l’amour des lettres, — plus pondéré, plus réfléchi, plus calme. « Les amis du livre oublient volontiers, a remarqué Jules Janin[221.1], — et bien plus équitablement, bien plus exactement que ne vient de le faire Edmond Texier, — oublient volontiers… toutes les passions mauvaises, les vanités misérables, les ambitions malsaines, les petits honneurs, les petits devoirs : le vrai bibliophile est content de lui-même et des autres. »

L’égoïsme et la férocité ne sont, d’ailleurs, pas

[II.237.221]
  1.  Journal des Débats, 17 septembre 1866, ap. Mouravit, le Livre et la Petite Bibliothèque d’amateur, p. 68, note.  ↩

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