Le Livre, tome II, p. 234-250

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 234.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 234 [250]. Source : Internet Archive.

rection de ce maître, il fit de rapides progrès. Il étudiait sans cesse, et il était doué d’une mémoire si heureuse, qu’il n’oubliait, pour ainsi dire, rien de ce qu’il avait lu. Il devint bientôt « l’oracle des savants » : il répondait à toutes leurs questions avec une précision admirable, citant l’auteur, l’édition et la page même où l’on pouvait trouver la solution des difficultés qu’on lui proposait. Aussi le Père Angelo Finardi trouva[234.1], dans les mots Antonius Magliabecchius, l’anagramme Is unus bibliotheca magna : « Celui-ci est, à lui seul, une grande bibliothèque ».

Le grand-duc Cosme III, informé du mérite de ce jeune homme, le nomma conservateur de la bibliothèque qu’il venait d’établir dans son palais, et l’autorisa en même temps à faire copier les manuscrits de la Laurentienne qu’il croirait utiles au public. Magliabecchi se trouva là dans son élément ; mais l’immense quantité de livres dont il était entouré ne suffisait pas à son insatiable avidité. Non seulement il parvint à retenir la place où était chaque livre dans ces deux vastes bibliothèques, de manière à pouvoir le retrouver au besoin les yeux fermés, mais il voulut se rendre aussi familières les autres bibliothèques principales de l’Europe. Bien qu’il ne se fût jamais éloigné de Florence que de quelques lieues, il vint à bout, par la lecture des catalogues, tant im-

[II.250.234]
  1.  Avec un peu de bonne volonté, et en donnant aux mots une légère entorse.  ↩

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