Le Livre, tome II, p. 235-251

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 235.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 235 [251]. Source : Internet Archive.

primés qu’inédits, par sa correspondance et par ses entretiens avec les plus savants voyageurs, de connaître mieux que personne tous les grands dépôts littéraires ; et sa mémoire prodigieuse les lui rendait toujours présents. On raconte, à ce sujet, qu’un jour le grand-duc lui ayant demandé un ouvrage fort rare, Magliabecchi lui répondit :

« Monseigneur, il m’est impossible de vous le procurer ; il n’y en a au monde qu’un exemplaire, et cet exemplaire se trouve à Constantinople, dans la bibliothèque du Grand Turc : c’est le septième volume de la deuxième armoire du côté droit, en entrant. »

Magliabecchi « avait une manière particulière de lire ou plutôt de dévorer les livres. Quand un ouvrage nouveau lui tombait sous la main, il examinait le titre, puis la dernière page, parcourait les préfaces, dédicaces, tables, jetait un coup d’œil sur chacune des divisions principales, et avait alors assez vu pour être en état de rendre compte non seulement de ce que le livre contenait, mais encore des sources où l’auteur avait puisé.

« Devenu bibliothécaire, Magliabecchi ne changea rien à ses habitudes ; il était toujours négligé dans sa mise, et il avait pour tout ameublement deux chaises et un grabat sur lequel il passait le petit nombre d’heures qu’il ne pouvait pas dérober au sommeil ; le plus souvent même il dormait tout ha-

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