Le Livre, tome II, p. 238-254

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 238.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 238 [254]. Source : Internet Archive.

vivre, « se composait d’une veste brune, qui lui tombait sur les genoux, d’un pantalon, d’un manteau noir plein de pièces et de coutures, d’un chapeau déformé, à grands bords, percé de toutes parts, d’une large cravate toute farcie de tabac, d’une chemise sale, qu’il ne quittait jamais tant qu’elle durait, et qu’on voyait à travers les coudes percés de son habit. Une paire de manchettes, qui ne tenaient pas à la chemise, complétait cette brillante toilette. »

Ludovic Lalanne nous apprend, en outre, que, toujours environné de livres, et ne s’embarrassant de rien autre chose, Magliabecchi paraissait ne s’intéresser qu’à une seule sorte d’êtres vivants, aux araignées, « qui ne manquaient pas de pulluler au milieu d’un pareil taudis. Il avait une telle affection pour ces insectes, qu’il lui arrivait souvent de crier aux visiteurs qui ne mettaient pas assez de précaution dans leurs mouvements : « Prenez garde de faire du mal à mes araignées ».

Cet étrange personnage, aussi studieux et érudit que maniaque, jouissait, dans le monde savant, — et malgré certaines accusations auxquelles il fut en butte dans sa patrie, — de la plus haute estime. Le pape et l’empereur tentèrent de l’attirer auprès d’eux, mais il resta sourd à leurs offres et à leurs instances, et persista à ne pas quitter sa ville natale.

Le grand-duc, qui appréciait de plus en plus son savoir et ses mérites, le traitait, d’ailleurs, avec les

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