Le Livre, tome II, p. 240-256

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 240.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 240 [256]. Source : Internet Archive.

Un autre des plus beaux exemples qu’on puisse citer de dévouement aux livres, et aussi de souffrance pour les livres, c’est celui du prélat polonais Joseph-André Zaluski (1701-1774), évêque de Kiew (en russe Kiev ou Kief), dont toute la fortune, tout le temps et toutes les forces furent consacrés à rassembler une bibliothèque qui finit par compter 200 000 volu­mes[240.1]. Jamais, en Europe, un simple particulier n’avait jusqu’alors formé à ses frais une collection aussi considérable. Mais à quel prix ! « Joseph-André était si zélé pour l’agrandissement de sa bibliothèque, dit l’historien Félix Bent­kowski[240.2], qu’afin de pouvoir en soutenir les frais et l’enrichir, il prenait sur son nécessaire ; n’ayant fait à midi qu’un repas frugal, il ne mangeait pour son souper qu’un morceau de pain avec du fromage. »

La bibliothèque de Zaluski, qu’il avait généreusement offerte à ses concitoyens, fut ouverte au public en 1745, et devint la « Bibliothèque nationale polonaise » ; mais les Polonais n’en profilèrent que jusqu’en 1795. A cette époque, les Russes s’étant emparés de la capitale de la Pologne, l’ordre fut

[II.256.240]
  1.  300 000, dit Larousse, op. cit. Près de 300 000, dit le Dr Hœfer, op. cit. Le chiffre de 200 000 est donné par Michaud, op. cit., t. XLV, p. 351 (2e édit.).  ↩
  2.  Ap. Michaud, op. cit.  ↩

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