Le Livre, tome II, p. 242-258

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 242.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 242 [258]. Source : Internet Archive.

une place dans cette galerie des amants et martyrs du livre. Pour accroître sa bibliothèque, il se soumettait aux plus dures privations, « passant l’hiver sans feu et sans lumière ; déjeunant et dînant avec deux sous par jour ; austère anachorète, courageux confesseur de la bibliomanie, que la mort surprit, les regards fixés sur ses collections immenses, dont il n’avait pas voulu ôter le plus mince volume, pour en faire l’échange contre une dernière bouchée de pain[242.1] ».

 

Et le bibliophile belge Van Hulthem (1764-1832) : « … La table sur laquelle il prend son modeste repas est couverte de livres, et à peine y a-t-il place pour étendre une serviette ; l’alcôve dans laquelle il couche en est encombrée ; il craint si fort la poussière et la fumée pour ses livres qu’il n’a jamais voulu de feu dans sa chambre durant les plus rudes hivers ; et lorsque le froid est trop intense et qu’il éprouve, étant au lit, de la peine à se réchauffer, il se fait mettre sur les pieds un de ses in-folio[242.2]. »

Pendant l’hiver rigoureux de 1825, Van Hulthem revenait en diligence du fond de la Hollande ; « il avait oublié son manteau, et il tenait sur ses genoux, avec opiniâtreté, deux magnifiques in-quarto qu’il n’avait pas voulu confier à sa malle, de crainte

[II.258.242]
  1.  Mouravit, op. cit., pp. 135-136.  ↩
  2.  Id., op. cit., pp. 134-135.  ↩

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