Le Livre, tome II, p. 244-260

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 244.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 244 [260]. Source : Internet Archive.

physionomie distinguée et mélancolique avait fait surnommer « le beau ténébreux », passa sa vie au milieu de ses rayons, sans vouloir jamais en sortir sans jamais connaître d’autres plaisirs, et traça ainsi l’épitaphe à graver sur sa tombe :

En naissant je fus orphelin ;
Je vécus seul à mon aurore,
Je vécus seul à mon déclin,
Et, seul ici, je suis encore[244.1].

Écoutez ce récit des derniers jours d’un autre fervent de l’étude et des livres, de l’érudit philologue Alexandre Timoni (….-1856). Il savait, paraît-il, une vingtaine de langues, et ne quittait sa chambre que pour se rendre dans les bibliothèques publiques. « Une petite rente sur un immeuble de Constantinople l’empêchait seule de mourir de faim…. Il avait cherché à donner des leçons, mais n’avait trouvé qu’un élève, un Arménien, à qui il enseignait le grec moderne, et qui le payait en lui apprenant à son tour à bien prononcer l’arménien.

« Un mois avant sa mort, Timoni ayant prié M. Blancard (son intime ami, ancien secrétaire de l’École d’Athènes), de le mener en consultation chez un médecin, et n’étant pas venu au rendez-vous, M. Blancard alla rue des Vieux-Augustins, où il trouva le savant dans son pauvre logis, sans feu, assis devant sa table, au milieu de ses livres et de

[II.260.244]
  1.  Firmin Maillard, op. cit., pp. 149-150.  ↩

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