Le Livre, tome II, p. 246-262

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 246.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 246 [262]. Source : Internet Archive.

thèque Mazarine. Il avait environ deux mille volumes et quelques objets d’art, qu’il a aimés jusqu’à la mort et qu’il ne lui est pas venu à l’idée de chercher à vendre — pauvre savant ! — afin de durer un peu plus.

« Son concierge et son élève l’Arménien l’accompagnèrent seuls à sa dernière demeure…. « Le malheureux est toujours seul, » disait-il souvent[246.1]. »

 

Non moins émouvante fut la fin du philosophe cartésien, catholique et libéral, Bordas-Demoulin (1798-1859), qui consacra son existence à l’étude et à la recherche de ce qu’il estimait être la vérité. Plein d’insouciance pour la vie matérielle, Bordas ne parvenait pas à se suffire à lui-même, et, maintes fois, sans quelques amis, il serait littéralement mort de faim. Il lui arrivait de garder le lit des journées entières, parce qu’il ne pouvait se tenir debout et encore moins marcher, tant était grande sa faiblesse, due au manque de nourriture. On le voyait toujours sordidement vêtu, chaussé de vieux souliers ramassés au coin des bornes, et toujours oublieux de sa misère, de ce qu’il appelait cependant « les extrémités terribles »[246.2].

Bordas-Demoulin « habitait une petite mansarde

[II.262.246]
  1.  Firmin Maillard, op. cit., pp. 134-136.  ↩
  2.  Larousse, Grand Dictionnaire, où l’article Bordas-Demoulin est très bien traité. Voir aussi François Huet (1816-1865), Histoire de Bordas-Demoulin. (Paris, Hetzel, 1861 ; in-12.)  ↩

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