Le Livre, tome II, p. 250-266

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 250.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 250 [266]. Source : Internet Archive.

user. Il avait cinquante-deux mille volumes, qui, toute sa vie, restèrent en ballots presque tous à l’hôtel de Louvois. »

 

Le financier portugais Grapina (xviiie siècle) avait fait transporter dans un village, aux environs de Lisbonne, sa magnifique bibliothèque, et, comme on s’étonnait de voir, au milieu de ce désert, tant de beaux livres, qui ne pouvaient servir à personne : « Précisément ! s’exclama-t-il. C’est bien pour cela ! A Lisbonne, j’étais obsédé de visiteurs qui, nuit et jour, avaient les yeux et les doigts sur mes livres, et les usaient…. Car, voyez-vous, je ne ressemble pas à cet ignorant qui ne jugeait de la bonté d’un livre que par sa vieillesse ; moi, j’en juge par la beauté de la reliure, et, dès que cette beauté est altérée, qu’elle fait défaut, je mets le volume au rebut. Je suis si délicat, si exigeant sur cet article, que je ne lis jamais mes livres, que je n’ose pas les toucher, de peur de les gâter[250.1]. »

 

Le célèbre bibliomane anglais, sir Richard Heber (1773-1833), possédait la collection de livres la plus considérable qui ait jamais appartenu à un simple particulier. Trois de ses châteaux étaient littérale-

[II.266.250]
  1.  Cf. Mouravit, le Livre et la Petite Bibliothèque d’amateur, pp. 31-32. De tels superficiels amateurs justifient ce mot : « Un bibliophile ressemble souvent à un homme qui tomberait amoureux de la robe sans regarder la femme. » (Journal le Gaulois, 14 août 1877.)  ↩

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