Le Livre, tome II, p. 257-273

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 257.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 257 [273]. Source : Internet Archive.

quelques mois après celle résolution, sa santé décline ; il perd peu à peu les forces et l’esprit et est en proie à une fièvre consomptive, sorte de nostalgie causée par l’ennui de ne plus acheter de livres[257.1]…. Pour remettre sa santé, Mme Boulard lui permit fréquemment d’enfreindre sa promesse…. On le voyait alors cheminant sur les quais, enveloppé d’une immense redingote bleue, ses vastes poches de derrière chargées de deux in-quarto, et celles de devant d’une dizaine d’in-dix-huit ou d’in-douze : c’était alors une vraie tour ambulante[257.2]…. »

Boulard, au début surtout, ne bouquinait ni n’achetait au hasard. Il commença par rechercher de préférence les éditions princeps d’Alde Manuce et des manuscrits du moyen âge ; puis il se mit à collectionner les volumes de grand format, et « finit par croire et par professer que tout ce qui était in-quarto, et à plus forte raison in-folio, avait droit à son hospitalité, attendu que les éditeurs modernes avaient, à tort, selon lui, renoncé à de beaux formats, pour cultiver les in-octavo, les in-douze et même les in-dix-huit[257.3] ». C’était là, de sa part, une étrange aber-

[II.273.257]
  1.  Cf., dans notre tome I, page 99, Pétrarque tombant malade, lorsque son ami, l’évêque de Cavaillon, lui défend de travailler et lui interdit l’accès de sa bibliothèque.  ↩
  2.  J.-B.-F. Descuret, la Médecine des passions ou les Passions considérées dans leurs rapports avec les maladies, les lois et la religion, ap. Numa Raflin, loc. cit., pp. 53-54.  ↩
  3.  Henri Baillière, loc. cit., p. 68.  ↩

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