Le Livre, tome II, p. 275-291

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 275.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 275 [291]. Source : Internet Archive.

braire de Paris, Martin Bossange (1766-1865), que la nouveauté et la hardiesse des entreprises n’effrayaient pas. C’était à l’époque où le gouvernement venait d’accorder le droit, connu sous le nom de licences, d’introduire en France des denrées coloniales pour des valeurs égales aux marchandises françaises exportées. On vit alors, conte Edmond Werdet, dans son ouvrage De la Librairie fran­çaise[275.1], Martin Bossange s’aviser du singulier stratagème suivant :

« Seul ou associé avec des tiers, il chargea des quantités énormes de livres français sur des navires en destination pour l’autre côté de la Manche. Arrivés au milieu du canal, les ballots étaient jetés par-dessus bord ; les bâtiments arrivaient sur lest en Angleterre, et revenaient chez nous chargés à mi-mât de denrées coloniales. Les bénéfices de retour compensaient bien et au delà la perte de la première cargaison. Ces opérations, dont le résultat fut de détruire fructueusement les vieilles éditions qui encombraient les magasins de librairie, en eurent un autre, d’une plus grande portée, consistant à donner naissance à ces nombreuses et magnifiques réimpressions qui surgirent de toutes parts lorsque vint la Restauration. »

Mais Bossange n’embarqua-t-il que des éditions défectueuses et des livres sans valeur ? Les « ma-

[II.291.275]
  1.  Page 170. (Paris, Dentu, 1866.)  ↩

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