Le Livre, tome II, p. 285-301

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 285.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 285 [301]. Source : Internet Archive.

pas été la proie des épiciers du barbare moyen âge ?

« L’épicier du xixe siècle a déclaré une guerre à mort aux parchemins, sans doute en haine de la noblesse. L’âge d’or de l’épicerie date de la Révolution française, car la docte congrégation de Saint-Maur et la confrérie des épiciers ne pouvant subsister ensemble, l’une a tué l’autre.

Ah ! doit-on hériter de ceux qu’on assassine !

Le bénédictin faisait des livres, maintenant l’épicier en défait[285.1]. »

Les tailleurs et les cordonniers ont été aussi de terribles « équarrisseurs de livres ». L’abbé Lebeuf, l’historien du diocèse de Paris, nous conte que M. Duvergier de Hauranne, abbé de Saint-Cyran, sortant, après cinq ans de captivité, du donjon de Vincennes, où Richelieu l’avait fait enfermer pour cause de jansénisme, entra chez un tailleur et se fit prendre mesure d’un habit. Là, « il s’aperçut que le misérable artisan avait découpé les bandes sacrilèges, servant à prendre les mesures, dans les Œuvres de saint Augustin en grand papier, que le cardinal de Richelieu avait fait saisir dans la prison de son inflexible ennemi[285.2] ».

Un tailleur d’habits, de la même époque sans doute, « racontait qu’un archiviste, ou garde-titre

[II.301.285]
  1.  P. L. Jacob, les Amateurs de vieux livres, p. 40. (Paris, Rouveyre, 1880.)  ↩
  2.  Ap. Édouard Rouveyre, Connaissances nécessaires à un bibliophile, 5e édit., t. VIII, p. 86.  ↩

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