Le Livre, tome II, p. 289-305

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 289.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 289 [305]. Source : Internet Archive.

vendait le texte aux relieurs ainsi qu’aux femmes de ménage pour couvrir leurs pots de beurre et de confitures, et les images passaient, moyennant deux, trois et quatre sous pièce, entre les mains des enfants qu’on voulait récompenser. J’ai mérité moi-même, ajoute M. Bégin, quelques-unes de ces miniatures, que je conserve encore précieusement. »

Des emprunteurs de livres, de leur sans-gêne et de leurs dégâts, nous parlerons plus loin : un chapitre spécial leur est bien dû.

Les priseurs, qui laissent si volontiers choir de leur nez de ces larges gouttelettes chatoyantes et ambrées ; les fumeurs, avec leurs débris d’allumettes mal éteintes ou noircies, avec leur jus de pipe, leurs cendres de cigare, leurs bouts de cigarettes en feu, sont encore, pour les livres, des causes de dangers continuels.

Les botanistes qui font de leurs volumes une succursale de leurs herbiers et se servent de leurs in-folio et in-quarto, comme le bonhomme Chrysale employait son gros Plutarque à mettre ses rabats, pour classer, presser et aplatir des tulipes, des iris ou des jonquilles ; le jouvenceau qui enferme pieusement dans quelque luxueux paroissien ou dans un élégant recueil de vers l’humble violette ou l’éclatante et chère pensée, don d’une main mignonne, à jamais adorée : encore des ennemis du livre !

Et ces excellentes ménagères, qui, cherchant un

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