Le Livre, tome II, p. 290-306

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 290.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 290 [306]. Source : Internet Archive.

solide parchemin pour couvrir leurs pots de beurre ou de confitures, ne trouvent rien de mieux que d’ « utiliser » de la sorte les vieux « bouquins » et toutes les vilaines « paperasses » relégués au grenier[290.1]. Et ces généreuses mamans, qui, pour occuper et distraire leurs garçonnets ou leurs fillettes, pour avoir la paix surtout, leur donnent « des images à colorier », — d’antiques volumes à gravures sur bois et à somptueux frontispices : « On est tranquille au moins pendant ce temps-là ! On respire ! Ils ne font pas de bruit, ces bons chéris ! Ils s’amusent bien gentiment[290.2] ! »

D’une façon générale, d’ailleurs, les bibliographes n’ont cessé de se montrer plus que sévères à l’égard

[II.306.290]
  1.  « … Comment ignorer aujourd’hui que, de siècle en siècle, des milliers de pots de confiture ont été hermétiquement fermés aux dépens des documents historiques les plus importants ? La correspondance du cardinal de Granvelle (l’heureux confident de Charles-Quint), qui ne compte pas moins de quatorze gros volumes publiés par ordre de Guizot, en aurait offert plus de vingt aux âges futurs, si les ménagères d’un antique château de la Franche-Comté n’avaient pas eu plus de sollicitude pour leurs pots de conserves que pour des souvenirs diplomatiques écrits sur vieux parchemin. » (Le Magasin pittoresque, 1875, p. 307, les Ennemis des livres.)  ↩
  2.  Cf. dans le Magasin pittoresque, années 1873, 1875, 1876, 1878, cette suite d’articles anonymes humoristiques très intéressants, intitulés les Ennemis des livres, auxquels je viens encore de faire un emprunt.  ↩

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