Le Livre, tome II, p. 291-307

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 291.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 291 [307]. Source : Internet Archive.

des femmes, et les ont, de tout temps, considérées comme d’instinctives, d’acharnées et irréductibles ennemies des livres.

Oyez comme ces discourtois chevaliers parlent d’elles.

Richard de Bury d’abord, l’auteur du Philobiblion, qu’on peut regarder, ainsi que nous l’avons dit[291.1], comme le plus ancien des bibliographes et le père de la bibliophilie :

« A peine cette bête (c’est de ce gracieux nom que l’illustre évêque de Durham et grand chancelier d’Angleterre qualifie le beau sexe, et ce sont les livres qui, par une audacieuse et irrévérente prosopopée, sont censés parler de la sorte), à peine cette bête, toujours nuisible à nos études, toujours implacable, découvre-t-elle le coin où nous sommes cachés, protégés par la toile d’une araignée défunte, que, le front plissé par les rides, elle nous en arrache, en nous insultant par les discours les plus virulents. Elle démontre que nous occupons sans utilité le mobilier de la maison, que nous sommes impropres à tout service de l’économie domestique, et bientôt elle pense qu’il serait avantageux de nous troquer contre un chaperon précieux, des étoffes de soie, du drap d’écarlate deux fois teint, des vêtements, des fourrures, de la laine ou du lin. Et ce se-

[II.307.291]
  1.  Cf. supra, t. I, p. 93.  ↩

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