Le Livre, tome II, p. 295-311

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 295.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 295 [311]. Source : Internet Archive.

Amours de femme et de bouquin
Ne se chantent pas au même lutrin[295.1] ».

Les épingles à cheveux sont, au dire de maints bibliographes, le coupe-papier habituel de la femme ; à moins qu’elle ne préfère se servir, pour le même office, de son index ou du bout de son pouce, ce qui, d’une façon comme de l’autre, taille les bords du livre en dents de scie.

« Ne confiez jamais, ô bibliophiles, le soin de couper un livre que vous tenez en estime particulière à d’autres qu’à vous-mêmes ; défiez-vous, pour accomplir cette opération si simple en apparence, mais en réalité si délicate, de cette main mignonne qui excelle dans l’art de la broderie et qui ne connaît point de rivale dans mille travaux élégants. Tout habile qu’elle est, cette main charmante, à laquelle on peut confier sans crainte la réparation du tissu le plus fin, vous fera le plus innocemment du monde d’innombrables festons aux marges que vous voulez respecter ; bien heureux si le couteau, en déviant de la ligne marquée, ne tranche cette marge jusqu’au texte, et perde ainsi à tout jamais un livre qui n’est

[II.311.295]
  1.  Ap. Octave Uzanne , op. cit., p. 31. On a aussi orthographié et imprimé ce distique boiteux — que M. Uzanne traite tout simplement en vile prose et écrit sans alinéa — de cette façon :
    •  Amour de femme et de bouquin
      Ne se chante au même lutrin.

     (Maurice Cabs, journal la République, 29 décembre 1901.)  ↩

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