Le Livre, tome II, p. 325-341

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 325.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 325 [341]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 326.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 326 [342]. Source : Internet Archive.

avaient des livres neufs, 47,4 des livres ayant déjà servi, et 31,1 à la fois des livres neufs et d’occasion.

« Il y a lieu d’imposer la désinfection des livres des cabinets de lecture, qui changent très fréquemment de lecteurs et doivent être souvent entre les mains de malades ou de convalescents…. »

Nous reviendrons plus loin, en traitant de l’usage et de l’entretien des livres, sur ces dangers de contagion et sur les procédés employés pour y parer.

Nous arrivons au prêt des livres entre particuliers, à cette question, tant de fois discutée et controversée : « Doit-on prêter ses livres ? »

Un principe, un axiome plutôt, à rappeler tout d’abord, c’est qu’on ne lit bien, on ne savoure convenablement et complètement un livre que s’il vous appartient, qu’à condition d’en être l’unique et absolu propriétaire[325.1].

[II.341.325]
  1.  « On ne travaille bien qu’avec ses livres à soi. Un pauvre homme dépensait en livres le prix de son dîner ; « Mais, lui dit quelqu’un, si vous lisiez ces livres à la Bibliothèque ? — Je ne peux lire, répondit-il, que les livres que j’ai achetés. » … « On est dégoûté d’un livre banal, comme d’une femme banale. On ne lit bien que dans ses livres à soi. On contracte mariage avec eux…. Étudier dans les bibliothèques publiques, c’est vivre à l’auberge ; on a affaire aux livres de tout le monde, livres plus ou moins souillés, maculés ; on n’en peut user qu’à son tour, après ou avant tel ou tel lecteur ; ils passent par toutes les mains ; ils ne s’attachent pas à vous, on ne s’attache pas à eux ; on vit avec eux d’aventure, au jour le jour, dans un commerce banal et sans intimité. Mais, quand on retrouve ses livres à soi, ceux qu’on connaît depuis sa jeunesse et depuis son enfance, ceux qu’on a conquis au collège par son travail, ceux qu’on a amassés peu à peu par livraisons avec le fruit de ses épargnes, avec ses semaines d’écolier, quel vrai plaisir ! quelle joie vive ! comme on les fête ! comme on les reconnaît ! On les a feuilletés cent fois ; on a fait ici une corne, là une marque de crayon, là un cri d’admiration sympathique, là une réfutation véhémente ; partout on a laissé quelque chose de soi, de son cœur ou de son esprit ; un papier, un brin d’herbe, un parfum d’autrefois ! On retrouve parmi les feuillets mille souvenirs endormis, qui tout à coup se réveillent. » Etc. (Émile Deschanel, A bâtons rompus, Quand on range sa bibliothèque, pp. 132-134 ; Paris, Hachette, 1868.)  ↩

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