Le Livre, tome II, p. 336-352

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 336.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 336 [352]. Source : Internet Archive.

Plus explicite encore est M. Octave Uzanne (1851-….), qui a on ne peut mieux dépeint les angoisses et les transes, l’ « état d’âme » d’un bibliophile qui a prêté un de ses chers livres[336.1].

« Les livres ont toujours été la passion des honnêtes gens, disait le poète polyglotte Vadius Ménage ; si nous paraphrasons cette pensée devenue célèbre, nous dirons que les livres ont toujours été le goût favori, la passion raisonnée des hommes paisibles, rangés, d’un esprit correct et systématique. Un bibliophile aime ses volumes d’un amour particulier, d’un amour quelque peu vaniteux, de ce même amour de propriétaire que Gavarni a immortalisé dans cette légende de bourgeois possesseur : Mon mur ; un bibliophile dit : Mes livres avec la même intonation satisfaite et glorieuse ; il ressent pour eux une tendresse mêlée de crainte, de pudeur, d’effarement bizarre, qui se comprend et s’analyse facilement. « Si, dans les mains du gros propriétaire, le plâtre se fait or, les livres deviennent joyaux dans celles

[II.352.336]
  1.  Octave Uzanne, Du prêt des livres, op. cit., t. I, pp. 35-40. Cf. aussi Bayle (ap. Sainte-Beuve, Portraits littéraires, t. I, p. 380), qui, à Coppet, en 1672, cest-à-dire à l’âge de vingt-cinq ans, et dans tout le feu de la galanterie, ayant prêté à une demoiselle le roman de Zayde, et ne pouvant plus le ravoir, s’impatientait, s’énervait, s’exaspérait : « Fâché de voir lire si lentement un livre, je lui ai dit cent fois le tardigrada, domiporta, et ce qui s’ensuit, avec quoi on se moque de la tortue. Certes, voilà bien des gens propres à dévorer les bibliothèques ! »  ↩

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