Le Livre, tome II, p. 349-365

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 349.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 349 [365]. Source : Internet Archive.

de rendre, c’est là le vrai signe du collectionneur passionné, » conclut sans barguigner le traducteur des Conversations recueillies par Eckermann[349.1].

On avait prêté au philosophe et académicien Victor Cousin (1792-1867), alors qu’il était ministre de l’Instruction publique, un beau manuscrit de Malebranche. En vain le lui avait-on redemandé à plusieurs reprises, nous conte Émile Deschanel[349.2], Cousin « fit longtemps la sourde oreille ; si bien qu’à la fin on mit en campagne un homme presque aussi considérable que le ministre lui-même auquel il était chargé de réclamer formellement le manuscrit précieux ». Alors Cousin refusa de le rendre. « Mais enfin, dit l’intermédiaire, ce manuscrit est à M, qui vous l’a prêté ; il le réclame, il en a le droit. — Mon cher N, répondit majestueusement le grand éclectique, il a son droit, mais j’ai ma passion ! » Oncques ne rendit le manuscrit. »

Un autre célèbre ministre de l’Instruction publique et membre de l’Académie française, le critique et historien Villemain (1790-1870), se montrait, lui aussi, paraît-il, extrêmement dur à la desserre. « Il ne rendait jamais les livres empruntés, assure Jules Richard[349.3], et il fallait la complicité de son secrétaire

[II.365.349]
  1.  Tome I, page 85, note l ; trad. Émile Délerot.  ↩
  2.  A bâtons rompus, Quand on range sa bibliothèque, p. 132.  ↩
  3.  Op. cit., p. 41.  ↩

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