Le Livre, tome II, p. 353-369

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 353.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 353 [369]. Source : Internet Archive.

ainsi son bonheur par le bonheur d’autrui. Tout en déplorant ces négligences et ces dégradations, en nous indignant contre ces soustractions, ces escroqueries, plus ou moins dissimulées ou effrontées, nous passerions sur elles condamnation.

Mais, pour nous, et selon notre méthode et nos principes, nos livres sont à la fois des confidents et des instruments de travail ; ils peuvent porter trace, dans leurs marges ou sur leurs gardes, de nos réflexions, de nos recherches, de nos comparaisons ou hésitations, et ces confidences n’appartiennent qu’à eux seuls et à nous seuls.

En outre, vous en avez sans cesse besoin, de vos livres, vous liseur, travailleur et fureteur, — et de tous, sans distinction ni prévision possibles. Tel mot entendu, telle bribe de causerie, tel article de journal, tel passage de roman, une rencontre, une allusion, un événement ou incident quelconque vous amène et vous oblige, presque à tout instant, à consulter tel ou tel de vos volumes ; et, remarquez-le bien, c’est toujours le livre absent qui vous fera défaut, toujours, comme par un fait exprès, celui-là que vous voudriez feuilleter. Ayez-les donc toujours tous sous la main, en état de répondre immédiatement à votre appel, — et, pour cela, hélas ! N’en prêtez pas.

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