Le Livre, tome III, p. 018-032

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 18.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 18 [032]. Source : Internet Archive.

sont, ce qu’on nomme en langage technique, « des succédanés du chiffon » ; mais le chiffon reste, avec la ramie, le meilleur des producteurs du papier ; c’est le chiffon principalement qui engendre les papiers de luxe, tout papier vraiment beau et vraiment bon.

Les papiers provenant du bois ont l’inconvénient de s’altérer et de se jaunir dans un laps de temps plus ou moins court ; ils offrent moins de solidité et de résistance que les papiers de chiffon, et ils reçoivent aussi moins bien qu’eux l’impression, sont moins « amoureux de l’encre ».

L’essentiel, comme l’a très bien déclaré Edmond Werdet, dans son Histoire du livre en France[018.1], ne serait donc pas « de faire du papier avec telle ou telle matière, mais d’en créer de pareil à celui de chiffon pour la couleur, la bonté, et à meilleur compte » ; or, c’est ce qui n’est pas encore arrivé.

De cette supériorité du papier de chiffon, il résulte que, en thèse générale, les livres d’autrefois, — les livres de condition moyenne, livres ordinaires et à bon marché ; je laisse de côté les ouvrages de luxe, — valent mieux, matériellement parlant, que les livres ordinaires et à bon marché d’au­jourd’hui[018.2].

[III.032.018]
  1.  Tome I, page 52.  ↩
  2.  « … Les feuillets sortis de leurs presses (des anciens imprimeurs) se montrent tout brillants de jeunesse, à côté de nos impressions ternes, à demi éclipsées sur les pages jaunies de nos livres nés d’hier. » (Mouravit, le Livre et la Petite Bibliothèque d’amateur, p. 191.) Cf. infra, pp. 72-73, notes.  ↩

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