Le Livre, tome III, p. 033-047

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 33.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 33 [047]. Source : Internet Archive.

là sa caractéristique, le moyen de le reconnaître du premier coup d’œil — a toujours les bords irréguliers, plus ou moins marqués de boursouflures et d’aspérités, ce qui provient du contact de la pâte avec le cadre de la forme. Le papier à la mécanique, au contraire, qui, comme nous allons le voir, se fabrique sans cadre, d’une façon continue, et se sectionne à volonté, se tranche mécaniquement, a toujours cette section très nette, ses bords bien réguliers et lisses.

A propos des anciens papiers de fil, un écrivain anglais du xviie siècle, Thomas Fuller, a fait cette remarque, sans doute plus curieuse qu’exacte, que le papier participe du caractère de la nation qui le fabrique. Ainsi, dit-il, « le papier vénitien est élégant et fin ; le papier français est léger, délié et mou ; le papier hollandais, épais, corpulent, spon­gieux[033.1] ». Ajoutons que, « si Fuller avait connu le papier gris sur lequel les Allemands impriment leurs ouvrages, il l’eût certainement comparé à la teinte terne et nébuleuse qui assombrit l’esprit dans les cerveaux germaniques[033.2] ».

Passons à la fabrication mécanique, la fabrication

[III.047.033]
  1.  Ludovic Lalanne, Curiosités bibliographiques, p. 108.  ↩
  2.  Paul Lacroix, Édouard Fournier et Ferdinand Seré, Histoire de l’imprimerie, p. 96.  ↩

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