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Le Livre, tome I, p. 086-110

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 86.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 86 [110]. Source : Internet Archive.

belle lettre, adressée à son ami Loup de Ferrières, et relative aux lectures qu’il fait pour se consoler de la mort de sa femme : « … J’y serais tombé (dans le désespoir), si, avec l’aide et le soutien de la divine miséricorde, je ne m’étais aussitôt appliqué à rechercher quelle conduite, dans des peines et des malheurs semblables, des hommes plus grands et meilleurs que moi avaient su tenir et consacrer par leur noble exemple. J’avais sous la main les ouvrages de docteurs distingués, que, loin de négliger, nous devons écouter et suivre en toutes choses. C’étaient le glorieux martyr Cyprien et ces illustres interprétateurs des Écritures divines et sacrées, Augustin et Jérôme. Ranimé par leurs pensées et par leurs salutaires exhortations, je me suis efforcé de relever mon cœur abattu sous le poids du chagrin, et je me suis mis à réfléchir attentivement en moi-même sur les sentiments que je devais éprouver en voyant sortir de ce monde une compagne chérie, qui, en effet, avait cessé d’être mortelle plutôt qu’elle n’avait cessé de vivre…. Je le pense, — et en le disant je ne crains pas de me tromper, — la douleur et les tourments que m’a causés la perte de ma chère épouse dureront autant que moi et ne cesseront qu’au moment où arrivera le terme fatal des jours que Dieu voudra m’accorder pour cette vie passagère et misérable[086.1]…. »

[I.110.086]
  1.  Éginhard, Œuvres, Lettres, pp. 237-239.  ↩

Le Livre, tome I, p. 084-108

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 84.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 84 [108]. Source : Internet Archive.

nistrées que celles de beaucoup de monastères, et les bibliothèques, réunies à leur intention, souvent mieux composées et plus riches[084.1]. »

Charlemagne (742-814), qui ne négligeait rien de ce qui concernait les livres, avait accordé à l’abbé de Saint-Bertin un diplôme l’autorisant à se procurer par la chasse les peaux nécessaires pour relier les volumes de son abbaye. Les soins qu’il prenait de sa propre bibliothèque sont consignés dans une lettre de Leidrard, qui nous apprend que cet empereur avait choisi le monastère de l’île Barbe, près de Lyon, pour y placer ses livres. Il avait aussi fondé une bibliothèque au monastère de Saint-Gall[084.2].

Éginhard (771-844), qui, en s’excusant « de présenter un livre au lecteur », a si modestement et gracieusement inscrit dans le « prologue » de sa Vie de l’empereur Charles, ce beau précepte de Cicéron : « Confier ses pensées à l’écriture sans être capable de les bien disposer, de les embellir ou d’y répandre un charme qui attire le lecteur, c’est abuser outre mesure de son loisir et des lettres[084.3], » — Éginhard nous donne d’intéressants détails sur les lectures de

[I.108.084]
  1.  La Grande Encyclopédie, art. Bibliothèque, p. 649.  ↩
  2.  Petit-Radel, op. cit., p. 59 ; Lalanne, op. cit., pp. 283 et 150.  ↩
  3.  « … Sed mandare quemquam literis cogitationes suas, qui eas nec disponere, nec illustrare possit, nec delectatione aliqua allicere lectorem ; hominis est, intemperanter abutentis otio et literis. » (Cicéron, Tusculanes, I, 3, Collect. Nisard, t. III, p. 622.)  ↩

Le Livre, tome I, p. 083-107

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 83.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 83 [107]. Source : Internet Archive.

Le diacre saxon Alcuin (735-804), « l’homme le plus savant de son époque[083.1] » et « véritable bienfaiteur de l’esprit humain[083.2] », qui fut comme le précepteur de Charlemagne et son collaborateur dans son œuvre de renaissance littéraire, écrit une lettre « à l’Église d’Angleterre pour solliciter, en faveur de celle de Tours, un envoi de livres », copiés sur ceux qui se trouvent à la bibliothèque d’York, dont il avait été le premier bibliothécaire[083.3]. Il faut, en effet, maintenant, aux bibliothèques des monastères, ajouter ces bibliothèques d’églises, ces bibliothèques capitulaires, fondées surtout à partir du ixe siècle : tout chapitre comptant parmi ses dignitaires un écolâtre, ce maître avait besoin de livres pour enseigner Parmi les principales de ces bibliothèques, on cite en France celle (encore existante) de la cathédrale de Chartres, celles des cathédrales de Lyon, de Laon, de Reims, de Cambrai, de Rouen, de Clermont, etc. « On a même remarqué que les écoles capitulaires furent plus florissantes, mieux admi-

[I.107.083]
  1.  Éginhard, Vie de l’empereur Charles, Œuvres, trad. A. Teulet, p. 35. (Paris, Didot, 1856.)  ↩
  2.  Egger, op. cit., p. 269.  ↩
  3.  Petit-Radel, op. cit., p. 54.  ↩