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Le Livre, tome II, p. 277-293

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 277.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 277 [293]. Source : Internet Archive.

rés, alors que l’on essaye de reconstituer une histoire de l’art au moyen âge, dont ces splendides volumes sont, après tout, les uniques dépositaires[277.1]. »

Cette désastreuse et stupide mode de mutiler les livres illustrés existait encore en France au xviiie siècle, ainsi que nous le voyons dans une lettre de Mlle Aïssé[277.2]. « On est ici dans la fureur de la mode pour découper des estampes enluminées…. Tous découpent, depuis le plus grand jusqu’au plus petit. On applique ces découpures sur des cartons, et puis on met un vernis là-dessus. On fait des tapisseries, des paravents, des écrans. Il y a des livres d’estampes qui coûtent jusqu’à deux cents livres, et des femmes qui ont la folie de découper des estampes de cent livres pièce. Si cela continue, ils découperont des Raphaël. »

Les Anglais, eux, ont eu le cordonnier Bagford, qui, à lui seul, valait une légion de biblioclastes.

John Bagford, qui vivait au commencement du xviie siècle et fut l’un des fondateurs de la Société des Antiquaires d’Angleterre, passait son temps à parcourir a les provinces, allant de bibliothèque en bibliothèque, arrachant les titres des livres rares de

[II.293.277]
  1.  Le Magasin pittoresque, 1876, p. 27 : les Ennemis des livres (articles anonymes). Cf. Ferdinand Denis, Histoire de l’ornementation des manuscrits, p. 125. (Paris, Curmer, 1857 ; in-4.)  ↩
  2.  Mlle Aïssé, Lettres à Mme Calandrini, lettre XI, De Paris, 1727 ; p. 60. (Paris, Librairie des bibliophiles, 1878.)  ↩