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Le Livre, tome II, p. 146-162

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 146.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 146 [162]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 147.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 147 [163]. Source : Internet Archive.

Nous avons vu ce que disait David Ancillon[146.1] : « Il est certain que moins les yeux ont de peine à lire un ouvrage, plus l’esprit a de liberté pour en juger ; comme on y voit plus clair, et qu’on en remarque mieux les grâces et les défauts lorsqu’il est imprimé que lorsqu’il est écrit à la main, on y voit aussi plus clair quand il est imprimé en beaux caractères et sur du beau papier, que quand il l’est sur du vilain et en mauvais carac­tères[146.2]. »

Et « notre bon Rollin » : « Une belle édition, qui frappe les yeux, gagne l’esprit, et, par cet attrait innocent, invite à l’étude[146.3] ». « Tous ceux qui aiment les livres comprendront cela », ajoute M. Mouravit[146.4].

[II.162.146]
  1.  Cf. supra, t. I. p. 146.  ↩
  2.  Ap. Bayle, Dictionnaire historique et critique, art. Ancillon, t. II, p. 70. (Paris, Desoer, 1820.)  ↩
  3.  Ap. Mouravit, le Livre et la Petite Bibliothèque d’amateur, p. 159.  ↩
  4.  Ibid. Voici un exemple qui confirme l’assertion du « bon Rollin » : « Un de nos illustres contemporains, grand ami des livres, se plaît, en montrant sa riche bibliothèque, à déclarer qu’il étudie avec plus de facilité dans un bel exemplaire, et qu’il choisit toujours pour cela celui dont le papier est le plus ferme au toucher et la justification typographique la plus agréable à l’œil. Nous sommes tout à fait de son avis : il sort d’un beau livre une sérénité calme, une heureuse harmonie, qui rendent attrayants les plus graves travaux. En vérité, c’est une chose très désirable, dans un livre, que la bonne condition ; elle annonce presque toujours d’ailleurs la bonne édition, dont la recherche indique un nouveau genre de préférences, plus sérieuses que les préférences artistiques. » (Antony Méray, les Diverses Façons d’aimer les livres : Annuaire du Bibliophile, 1861, p. 150 ; Paris, Meugnot 1861.) Remarquons cependant que « les beaux livres » ne sont pas et ne peuvent pas être des instruments de travail. M. Henri Beraldi (cité par Mme Renée Pingrenon, la Vénération du livre, Revue biblio-iconographique, février 1904, pp. 88-89) dit à ce sujet : « … Vous n’êtes pas sans posséder probablement quelques plats ou quelques assiettes de vieille faïence ? — Oui, certes, comme tout le monde aujourd’hui. — Mangez-vous dedans ? — Par exemple ! Pour les casser ! Je les accroche aux murs comme ornement, et je les regarde. — Eh bien ! cher monsieur, il en est de même des livres. Pour lire, je prends des volumes Charpentier et Hachette (2 fr. 75). Mais les livres rares ne sont pas des instruments de travail, ce sont des objets de curiosité précieux, faits pour être manipulés modérément et avec précaution, tout comme une porcelaine de Chine. »  ↩

Le Livre, tome II, p. 072-088

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 072.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 072 [088]. Source : Internet Archive.

Machiavel (1469-1530), évoquant ce mot de Dante : « Il n’y a point de science, si l’on ne retient ce qu’on a entendu », nous apprend que, dans ses conversations avec les anciens, c’est-à-dire ses lectures des Latins et des Grecs, il note tout ce qui lui paraît « de quelque importance[072.1] ».

Sur le pasteur David Ancillon (1617-1692), et ses façons de lire et de mettre à profit ses lectures, nous trouvons dans Bayle[072.2] les détails suivants : « Ancillon lisait toutes sortes de livres, même les anciens et les nouveaux romans. Il n’y en avait aucun, dont il ne crût qu’on pouvait faire quelque profit ; il disait souvent ces paroles, qu’on attribue à Virgile : Aurum ex stercore Ennii colligo…. Mais il ne s’attachait proprement qu’aux ouvrages importants, qu’aux choses sérieuses. Il mettait une immense différence entre la lecture des livres qu’il ne voyait, comme lui-même le disait, que pour ne rien ignorer, et la lecture de ceux qui étaient utiles à sa profession. Il ne lisait les uns qu’une seule fois, et en courant, perfunctorie, et, comme dit le proverbe latin : sicut canis ad Nilum bibens et fugiens ; mais il lisait les autres avec soin et avec application. Il les lisait plusieurs fois : la première,

[II.088.072]
  1.  Lettre à Francesco Vettori ; Œuvres littéraires, p. 456, (Paris, Charpentier, s. d.)  ↩
  2.  Dictionnaire historique et critique, art. Ancillon. t. II, pp. 72-73. (Paris, Desoer, 1820.)  ↩

Le Livre, tome I, p. 146-170

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 146.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 146 [170]. Source : Internet Archive.

la science, mais aux plus sensés, pour fortifier sa raison ; tantôt il cherche les plus délicats, pour donner de la délicatesse à son goût, tantôt les plus agréables, pour donner de l’agrément à son génie. »

Le ministre protestant David Ancillon (1617-1692), originaire de Metz, manifesta, dès l’enfance, un goût très vif pour l’étude et les livres. « Les richesses qu’il acquit par son mariage, écrit Bayle[146.1], l’ayant mis en état de satisfaire à sa passion favorite, il acheta tous les livres capitaux que l’on peut appeler « les piliers d’une grande bibliothèque », tels que sont les Bibles les plus curieuses par l’édition ou par les notes, les différents dictionnaires, les plus excellents commentaires des livres de l’Écriture, les ouvrages des Pères…. Il en avait choisi les plus belles éditions…. Il disait qu’il est certain que moins les yeux ont de peine à lire un ouvrage, plus l’esprit a de liberté pour en juger ; que, comme on y voit plus clair, et qu’on en remarque mieux les grâces et les défauts lorsqu’il est imprimé que lorsqu’il est écrit à la main, on y voit aussi plus clair quand il est imprimé en beaux caractères et sur du beau papier, que quand il l’est sur du vilain et en mauvais caractères. » Il recherchait de préférence les premières

[I.170.146]
  1.  Dictionnaire historique et critique, art. Ancillon, t. II, p. 69. (Paris, Desoer, 1820.) Voir aussi, sur David Ancillon, Parent aîné, Essai sur la bibliographie et sur les talents du bibliothécaire, pp. 17-18. (Paris, chez l’auteur, an IX.)  ↩