Mot-clé - Boulard (Sylvestre [imprimeur] [libraire] [bibliographe])

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Le Livre, tome II, p. 251-267

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 251.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 251 [267]. Source : Internet Archive.

ment pleins de vieux livres. Il achetait des livres dans tous les pays, et possédait des bibliothèques dans les principales villes de l’Europe, notamment à Oxford, à Paris, à Bruxelles, à Gand et à Anvers. Comme il y avait de ces villes où il n’allait jamais, il s’est trouvé propriétaire d’innombrables volumes qu’il n’a jamais vus[251.1].

 

Mais le plus fameux peut-être dans cette catégorie, c’est notre concitoyen Boulard, Antoine-Marie-Henri Boulard (1754-1825)[251.2], exécuteur testamentaire de La Harpe, à qui, durant la Révolution, il avait quasiment sauvé la vie[251.3], ancien notaire, devenu maire

[II.267.251]
  1.  F. Fertiault, Drames et Cancans du livre, p. 265 ; et Larousse, op. cit.  ↩
  2.  Ne pas le confondre avec son homonyme Sylvestre Boulard (1750-1809 ?), imprimeur, libraire et bibliographe, auteur d’un Traité élémentaire de bibliographie (Paris, Boulard, an XIII [1804] ; in-8 ; 140 pp.) ; ni, comme l’a fait très drôlement Jean Darche, dans son Essai sur la lecture, pp. 361 et 363, avec Michel Boulard (1761-1825), ouvrier tapissier, fondateur de l’hospice Saint-Michel, à Saint-Mandé : « Un notaire de Paris, M. Boulard, que certains nomment Tapissier, avait été un bibliophile…. C’est ce même Boulard qui a consacré douze cent mille francs pour l’établissement des vieux ouvriers tapissiers de Saint-Mandé. »  ↩
  3.  « Pendant la Révolution, quoique religieux et riche, Boulard ne fut point inquiété : sa charité fut sa sauvegarde ; et c’est avec un grand courage que, pendant la tourmente, il arracha plusieurs victimes à l’échafaud. Son ami La Harpe, décrété d’arrestation, se réfugia dans sa maison, où il trouva un asile sûr, avant de pouvoir quitter Paris. » (Numa Raflin, A.-M.-H. Boulard, Bulletin de la Société historique du VIe arrondissement de Paris, janvier-juin 1904, p. 47.)  ↩

Le Livre, tome II, p. 117-133

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 117.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 117 [133]. Source : Internet Archive.

livres « en possession des suffrages du public », et appelés à prendre place aujourd’hui dans « une bibliothèque peu nombreuse mais choisie » ? Et n’oublions pas, encore une fois, que l’opuscule de Formey a jadis joui d’une grande et légitime réputation : « Bon livre qui indique les bons livres », dit une note manuscrite tracée sur la garde de mon exemplaire.

Dans l’ouvrage du naturaliste et physicien Deleuze (1753-1835), Eudoxe, Entretiens sur l’étude des sciences, des lettres et de la philo­sophie[117.1], nous trouvons un autre de ces Plans de bibliothèque. « Les livres que vous devez choisir pour votre lecture habituelle, nous dit l’auteur, ce sont les classiques de toutes les nations. Je vous recommande de les réduire à un petit nombre. » Et, parmi ces classiques de toutes les nations, il nous cite bien Homère, Virgile, Dante, Milton, voire Klopstock, Wieland, Addison et Robertson, mais il oublie Shakespeare et Cervantès, il oublie Rabelais, Montaigne, Montesquieu et Voltaire. Il est vrai qu’il faudrait d’abord s’entendre sur le sens exact de ce mot « classique ».

On trouvera également dans le Traité élémentaire de bibliographie de Sylvestre Boulard (1750-1809 ?)[117.2],

[II.133.117]
  1.  Paris, 1810, 2 vol. in-8. Cf. Peignot, Manuel du bibliophile, t. I, pp. 403-406.  ↩
  2.  Chap. iii, pp. 17-35. (Paris, Boulard, an XIII [1804] : in-8.)  ↩

Le Livre, tome II, p. 079-095

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 079.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 079 [095]. Source : Internet Archive.

auteurs à joindre des tables alphabétiques à leurs ouvrages, serait, comme voulait le demander au Parlement, en 1850, le chancelier d’Angleterre lord Campbell, de priver de ses droits de propriété littéraire tout écrivain qui publierait un livre sans index. C’est M. A. de Boislisle (1835-….) qui nous conte ce fait, dans son Avertissement aux Mémoires de Saint-Simon[079.1], après avoir proclamé, lui aussi, qu’un index alphabétique est « l’accessoire obligé de toute bonne, complète et commode édition ».

Nombre de liseurs et de travailleurs ne se contentent pas de prendre des notes à la suite de leurs lectures, ils inscrivent ces notes sur les marges mêmes du volume, ils soulignent même des mots, des lignes entières du texte : « ces soulignures sont des taches qui font du tort à la vente de l’ouvrage, constate en gémissant le libraire Sylvestre Boulard (1750-1819 ?)[079.2]. Ces notes ne sont que des taches désagréables pour la plus grande partie des acquéreurs. »

Mais il est des bibliophiles qui ne considèrent pas leurs livres uniquement comme des objets de spécu-

[II.095.079]
  1.  Tome I, page lxxi. (Paris, Hachette, 1879 ; Collection des Grands Écrivains de la France.)  ↩
  2.  Traité élémentaire de bibliographie, p. 77. (Paris, Boulard, an XIII.)  ↩