Mot-clé - Christine de Suède (reine)

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Le Livre, tome I, p. 238-262

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 238.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 238 [262]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 239.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 239 [263]. Source : Internet Archive.

La reine Christine de Suède (1626-1689) professait le même culte pour le même Pétrone, « qu’elle mettait au-dessus de tous les auteurs latins », nous apprend un de ses fami­liers[238.1], et pour Martial, « qu’à l’âge de vingt-trois ans elle savait tout entier par cœur[238.2] », ce qui, soit dit en passant, révèle de singulières dispositions chez une jeune per­sonne[238.3]. Ajou-

[I.262.238]
  1.  Ap. Adolphe Retté, la Revue (ancienne Revue des Revues), 1er octobre 1904, p. 349.  ↩
  2.  Gui Patin, ap. Adolphe Retté, ibid. ; et Peignot, op. cit., t. I, p. 131.  ↩
  3.  Pétrone et Martial, qui ont si amplement et complaisamment décrit les amours hors nature et toutes les immondes passions de la Rome vieillissante, peuvent être considérés comme les deux écrivains latins « qui bravent le plus l’honnêteté ». Les dispositions de la jeune Christine ne se démentirent d’ailleurs pas, et il n’y a aucun doute sur la facilité et la licence de ses mœurs. Elle était, nous conte et nous démontre la Princesse Palatine (voir sa lettre du 10 novembre 1719 : Correspondance, t. II, pp. 185-186 ; Paris. Charpentier, 1869), « livrée à tous les genres de débauche ». Quant à ses lectures préférées, l’anecdote suivante révèle une fois de plus la liberté de goûts et d’allure de cette souveraine. « Saumaise étant à Stockholm, et au lit, malade de la goutte, lisait pour se désennuyer le Moyen de parvenir ; la reine Christine entre brusquement chez lui sans se faire annoncer : il n’a que le temps de cacher sous sa couverture le petit livre honteux (perfacetum quidem, ai subturpiculum libellum). Mais Christine, qui voit tout, l’a vu ; elle va prendre hardiment le livre jusque sous le drap, et, l’ouvrant, se met à le parcourir de l’œil avec sourire ; puis, appelant la belle de Sparre, sa fille d’honneur favorite, elle la force de lui lire tout haut certains endroits qu’elle lui indique, et qui couvrent ce noble et jeune front d’embarras et de rougeur, aux grands éclats de rire de tous les assistants. Huet tenait l’histoire de la bouche de Saumaise, et il la raconte en ses mémoires. » (Sainte-Beuve, Tableau de la poésie française au xvie siècle, p. 272, n. 3. Paris, Charpentier, 1869.)  ↩

Le Livre, tome I, p. 139-163

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 139.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 139 [163]. Source : Internet Archive.

« Les Pères de Saint-Victor se montreront reconnaissants envers leur bienfaiteur…. Son buste fut placé dans la bibliothèque, et l’on fit graver sur le marbre le passage de son testament qui contenait le legs de sa riche collection[139.1]. »

Un legs du même genre fut fait, à peu près dans les mêmes conditions, par le chanoine Jacques Hennequin (1575-1660) à sa ville natale, Troyes. Jacques Hennequin avait rassemblé une collection de dix à douze mille volumes « bien choisis » ; comme du Bouchet, il stipula, dans son testament, que sa bibliothèque serait publique, et assura une rente pour le traitement du bibliothécaire et pour l’achat de livres nouveaux[139.2].

La reine Christine de Suède (1626-1689) estimait que « la lecture est une partie du devoir de l’honnête homme[139.3] ». Elle écrivait à Bayle : « Je vous impose pour pénitence qu’à commencer du mois prochain vous m’enverrez les livres nouveaux, en toutes langues, sur toutes sortes de sujets ; je n’excepte ni romans ni satires ; surtout s’il y a des livres de chimie, faites-m’en part au plus tôt[139.4] ». Elle adressait à Heinsius les mêmes recommandations : « .… Envoyez-moi les catalogues des livres

[I.163.139]
  1.  Alfred Franklin, op. cit., Abbaye de Saint-Victor, t. I, pp. 154-156.  ↩
  2.  Cf. Michaud, Biographie universelle ↩
  3.  Ap. Fertiault, op. cit., p. 190.  ↩
  4.  Ap. Id., ibid.  ↩