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Le Livre, tome II, p. 264-280

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 264.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 264 [280]. Source : Internet Archive.

Rien n’a fait plus de mal aux livres, rien n’en a fait autant massacrer et détruire que les querelles religieuses. Le livre étant le meilleur porte-parole de l’homme, et un porte-parole qui ne craint pas la lassitude, doué d’ubiquité et d’une puissance et d’une audace incomparables, il fallait avant tout le faire taire, c’est-à-dire le brûler, lui, aussi bien et encore mieux que tous les profanes, tous les dissidents et antagonistes.

« Les Romains ont brûlé les livres des juifs, des chrétiens et des philosophes, remarque Vigneul-Marville (1634-1704)[264.1] : les juifs ont brûlé les livres des chrétiens et des païens ; et les chrétiens ont brûlé les livres des païens et des juifs. La plupart des livres d’Origène et des anciens hérétiques ont été brûlés par les chrétiens. Le cardinal Ximénès (ministre d’Espagne et grand inquisiteur : 1436-1517), à la prise de Grenade, fit jeter au feu cinq mille Alcorans. Les Puritains, en Angleterre, au commencement de la Réforme prétendue, brûlèrent une infinité de monastères et d’anciens monuments de la véritable religion. Un évêque anglais mit le feu aux archives de son église, et Cromwell (1599-1658), dans les derniers temps, brûla la bibliothèque d’Oxford, qui était une des plus curieuses de l’Europe. »

[II.280.264]
  1.  Mélanges d’histoire et de littérature, tome II, page 56-57. (Paris, Prudhomme, 1725.)  ↩