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Le Livre, tome III, p. 097-111

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 97.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 97 [111]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 98.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 98 [112]. Source : Internet Archive.

La signature permet, ou plutôt devrait permettre, de déterminer facilement le format d’un livre.

Puisque nous savons, par exemple, que l’in-4 a sa feuille pliée de façon à donner 8 pages, il est clair que la deuxième feuille commencera à la page 9 (8 + 1) et que c’est au bas de cette page 9 que figurera la signature 2. Le chiffre 3 se trouvera de même au bas de la page 17 (8 + 8 + 1) ; le 4, au bas de la page 25 (8 + 8 + 8 + l) ; etc.

De même, l’in-8 comprenant 16 pages, la signature 2 se trouvera au bas de la page 17 (16 + 1) ; la signature 3, au bas de la page 33 (16 + 16 + 1) ; la signature 4, au bas de la page 49 ; etc.

Mais les feuilles destinées à fournir beaucoup de pages, à fournir, pour préciser, des formats plus petits que l’in-8, ne se plieraient pas aisément en un aussi grand nombre de fois, surtout si le papier était un peu fort, on le comprend de reste ; elles renfleraient, gondoleraient, auraient trop gros dos, et se prêteraient difficilement au brochage ou à la reliure[097.1]. Parfois même l’imposi­tion[097.2], permettant, après le

[III.111.097]
  1.  Cf. Émile Leclerc, op. cit., p. 327.  ↩
  2.  Imposer une feuille, c’est, comme nous venons de le voir (p. 91, n. 1), placer dans un châssis les pages de cette feuille, en les disposant de telle sorte que, lorsque ladite feuille est imprimée et pliée, ses pages se suivent dans leur ordre numérique. Au début de l’imprimerie, l’imposition était des plus simples, ou plutôt elle n’existait pas et ne pouvait exister, puisque, par suite des petites dimensions des presses, on ne pouvait tirer à la fois que deux pages in-folio. Les imprimeurs suivaient donc l’exemple des copistes ; ils pliaient en deux un certain nombre de feuilles, 1, 2, 3, par exemple ; la feuille 1 était formée des deux premières pages et des deux dernières (1, 2, 11 et 12) ; la feuille 2, composée des pages 3, 4, 9 et 10, entrait dans la feuille 1 ; et la feuille 3, comprenant les pages 5, 6, 7 et 8, entrait dans la feuille 2. Ce premier cahier portait pour signature, au bas, à droite, la lettre A ; les cahiers suivants recevaient respectivement pour signatures les lettres B, C, D…. En outre, afin d’éviter les confusions et de faciliter le placement des feuilles, les pages étaient, de deux en deux, marquées d’un numéro d’ordre en chiffres romains, placé à côté de la signature. Ainsi la 1re page du premier cahier portait Aj ; la 3e page Aij ; la 5e Aiij ; la 7e Aiiij ou Aiv. On avait de même pour le deuxième cahier ; Bj, Bij, Biij, Biiij ou Biv, etc. Au lieu de chiffres romains, on a employé aussi les chiffres arabes : A, A2, A3, A4, etc. (Cf. Émile Leclerc, op. cit., p. 285 ; et Daruty de Grandpré, op. cit., p. 25. n. 1.)  ↩

Le Livre, tome III, p. 093-107

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 93.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 93 [107]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 95.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 95 [109]. Source : Internet Archive.

in-8 colombier = 0,225 × 0,315 ; in-8 écu = 0,13 × 0,20 ; in-12 jésus = 0,138 × 0,233 ; etc.).

Convenons donc d’attribuer, dans la suite de cette étude, et pour la clarté de notre texte, une signification nette et précise aux termes que nous emploierons, des dimensions certaines et invariables aux formats que nous mentionnerons.

L’in-4 sera pour nous de l’in-4 cavalier et aura pour dimensions 0,23 × 0,31 ;

L’in-8 sera de l’in-8 cavalier = 0,155 × 0,23 ;

L’in-18, de l’in-18 jésus = 0,117 × 0,183 : comme le fait observer M. Émile Bos­quet[093.1], cet in-18 est synonyme d’in-16 Hachette et d’in-12 Charpentier ;

Enfin l’in-32 sera de l’in-32 jésus = 0,088 × 0,138.

Voici d’ailleurs, pour faciliter toute recherche et prévenir toute éventualité, le tableau des principaux formats des principales sortes de papiers employées en librairie, avec leurs dimensions exprimées en mesures métriques[093.2] :

[III.107.093]
  1.  Barèmes ou Devis de travaux de reliure, Annexe : Tableau des formats en usage dans la librairie française. — Ce tableau, où sont tracées les dimensions de la plupart des formats, offre un bon moyen de déterminer immédiatement le format d’un livre ; il suffit d’appliquer les bords de ce livre sur les lignes délimitatrices du format qui s’y rapporte ; le nom et les dimensions sont inscrits sous l’une de ces lignes. Je dois prévenir néanmoins que les chiffres donnés par M. Émile Bosquet ne sont pas toujours théoriquement exacts.  ↩
  2.  Les chiffres de ce tableau sont obtenus de la manière suivante, qui est des plus simples. Il suffit de diviser les dimensions de la feuille de papier (dimensions qui sont inscrites respectivement en tête de chaque colonne) par le nombre des plis de cette feuille dans le format que l’on veut déterminer. Ainsi la feuille colombier ayant pour dimensions 0,63 × 0,90, et la feuille in-folio étant pliée en 2 une seule fois, pour connaître la dimension du format in-folio colombier on divisera par 2 le nombre 0,90, et l’on aura : 0,63 × 0,45, ou, puisque, comme nous l’avons dit, page 51, il est de règle de placer le plus petit nombre le premier : 0,45 × 0,63. La feuille in-4 étant pliée en 2 d’un côté et en 2 de l’autre (4 = 2 × 2). le format in-4 colombier sera de (0,63 : 2 et 0,90 : 2) 0,315 × 0,45. La feuille in-8 étant pliée en 4 d’un côté et en 2 de l’autre (8 = 4 × 2), le format in-8 colombier sera de (0,90 : 4 et 0,63 : 2) 0,225 × 0,315. La feuille in-12 étant pliée en 4 d’un côté et en 3 de l’autre (12 = 4 × 3), le format in-12 colombier sera de (0,63 : 4 et 0,90 : 3) 0,158 × 0,30. Si, par hypothèse, cette feuille in-12 était pliée en 6 d’un côté et en 2 de l’autre, on calculerait de même ces nouvelles dimensions. La feuille in-18 étant pliée en 6 d’un côté et en 3 de l’autre (18 = 6 × 3), on aura pour le format in-18 jésus (0,70 : 6 et 0,55 : 3) 0,117 × 0,183 ; etc. Pour tout ce qui touche les différents modes de pliage des feuilles et le nombre de ces modes, ou, ce qui revient au même, les différentes dispositions des pages dans les châssis selon les formats, c’est-à-dire l’imposition, voir Théotiste Lefevre, Guide pratique du compositeur, t. I, pp. 299-418, où se trouvent de nombreux tableaux graphiques d’impositions. Voir aussi Daruty de Grandpré, Vade-Mecum du bibliothécaire, Instruction raisonnée sur le format des livres, pp. 27-64. — Nous rappelons ce que nous avons dit, page 52 (Tableau des papiers), que le format actuel de la couronne servant aux labeurs (impressions de livres) est un peu plus grand (0,37 × 0,47) que celui de la couronne destinée aux cahiers et registres (0,36 × 0,46).  ↩